La bande dessinée est un monde à part. Son art a une histoire. Le musée qu'Angoulême lui offre, le plus grand d'Europe, installé dans d'anciens chais au bord de la Charente, ouvre ses portes samedi au public. Entièrement rénové pour un coût de 9,65 millions d'euros, cet espace est agrandi d'une nouvelle aire de 5.000m2.
Pôle culturel, Angoulême crée son premier festival international de la bande dessinée en 1974. Dans les années 80, des collections de planches originales -600 environ- généreusement cédées par les auteurs invités sont rassemblées par le conservateur du musée des Beaux-Arts, qui inaugure en 1983 la galerie Saint-Organ, ainsi nommée en hommage à l'un des pères de la BD française.
Dès 1989, une toile d'araignée bédéphile s'étend dans la cité des Valois. Elle réunit un musée, deux bibliothèques, la résidence internationale d'artistes (maison des auteurs), une librairie de référence, un centre de soutien technique multimédia, un cinéma de deux salles d'art et essai et de recherche, un espace de consultation internet et un restaurant panoramique.
Répartie dans trois bâtiments bordant le fleuve où le surplombant, elle est située au coeur de la ville, lui apportant un confort documentaire et technologique.
Le nouveau musée trouve aujourd'hui l'écrin digne de ses collections exceptionnelles couvrant l'histoire du 9e art de ses origines à nos jours, de son berceau européen et particulièrement franco-belge jusqu'à son essor asiatique et son développement outre-Atlantique. Soit plus de 8.000 planches originales accumulées et stockées, ainsi que dessins et objets dérivés, qui en font le premier fonds public d'Europe dans ce domaine.
Cependant, les règles de conservation ne permettent pas d'exposer toutes les oeuvres sur papier ensemble. Elles imposent de ne pas présenter ces planches plus de trois mois d'affilée, temps d'exposition après lequel elles doivent regagner les réserves pour y rester trois années dans le noir. Ainsi, à raison de trois rotations annuelles, ce sont neuf musées totalement différents de 900 planches, que le visiteur régulier et curieux pourra découvrir en trois ans. Avec les expositions temporaires, conférences, ateliers et rencontres, ce sont autant de raisons d'explorer le musée.
Espace proposant une exposition en arabesque, le musée, à travers ses sinueuses aires de présentation et ses vitrines, 1.300m2, bénéficie d'une scénographie sobre, des espaces spécifiques se nichant à l'écart. L'un invite le visiteur à découvrir les étapes successives de la réalisation d'une BD, du découpage à la mise en couleur, en passant par l'esquisse et le lettrage. L'autre est dédiée aux maîtres du trait.
Enfin, outre la galerie dédiée aux auteurs récents, le musée est agrémenté d'alcôves, où une sélection d'albums, de Töpffer à Astérix, de Bécassine à Corto Maltese, est à la disposition du lecteur pour quelques instants ou de longues heures de lecture. AP
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Un petit regard sur un peintre : Eric BESANCON .
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