Le Rouffachois Jean-Jacques Billing est un collectionneur fou de bandes dessinées. Il préside « BDvice », une association qui entend faire la promotion de cet « art populaire».
BD. raduction : Barjot-Dingue... de bandes dessinées. A 37 ans, le Rouffachois Jean-Jacques Billing est un bédéphile passionné. Tout
petit, il est tombé dedans, poussé par Astérix. « Dessinateur frustré », mais aussi fou de lecture, « j'avale une soixantaine de romans par an », il trouve son bonheur dans les
bandes dessinées. Pour plusieurs raisons. « Il est difficile de relire un bon gros roman qui, tel « Belle du seigneur » d'Albert Cohen, vous a tenu en haleine. Avec une BD, en vingt minutes,
je retrouve instantanément mon plaisir. J'aime ce côté pratique ».
La bande dessinée est aussi selon Jean-Jacques Billing, une « alternative » à la lecture. Grâce aux illustrations. « La couleur et le graphisme amènent quelque chose de plus au texte.
Une ambiance, de la magie ». Et quel que soit l'album. Il aime tout, des histoires gentilles de « Boule et Bil » à celle, fantastique, du « Grand pouvoir du Schninkel », « un des must
».
VOYAGE EN BELGIQUE
Collectionneur dans l'âme (il a commencé par les timbres, puis les motos), à 25 ans, après un voyage en Belgique, terre promise du bédéphile, il commence à« tâter » de la BD de
collection. « Je me suis aperçu que le coloriage des premiers albums n'avait rien à voir avec les rééditions ». Depuis une dizaine d'années, fasciné par les couleurs, l'odeur, le côté
« désuet » des vieux numéros, il accumule, entasse... Dans sa chambre où sont regroupés de nombreux ouvrages, les albums dédicacés font partie des plus belles pièces.
TINTIN À 94 000 F
La vie du collectionneur n'est plus ce qu'elle était. Il y a encore une dizaine d'années, on trouvait sans trop de difficultés de belles pièces à des prix abordables. Mais aujourd'hui, la bande
dessinée est devenue un produit sur lequel certains spéculent. Lors des ventes aux enchères, organisées par les grandes études de commissaires priseurs, des sommes folles sont atteintes. «
Hérésie » pour Jean-Jacques. « Quel est l'intérêt d'acheter un Tintin à 94 000 francs ? Pour finir dans un coffre-fort?» Aussi, pour un « petit » collectionneur, la perle se fait de
plus en plus rare. Il faut activer ses réseaux d'amis et surtout se rendre au paradis, en Belgique. Parmi ces dernières acquisitions, non pas le Tintin « L'oreille cassée » de 1946, estimé à 35
000 francs, mais deux numéros de « La bête est morte » de Calvo, le Walt Disney français. « Je les ai déjà. Je vais les revendre ».
TABLEAUX DE MAÎTRES
Pour se faire un trésor de guerre, il y a quelques temps, il avait aussi vendu ses premières éditions de Tintin. Son objectif était alors de se procurer une planche (NDLR : la page originale du
dessinateur) de Rosinski. Hélas, refus de l'artiste et grosse déception. Aujourd'hui, la collection de Jean-Jacques prend une autre dimension. « Elle évolue logiquement. Après les albums, je
suis à la recherche des planches, de dessins originaux et de dédicaces». Déjà de nombreuses planches sont exposées chez lui, encadrées telles de superbes tableaux de maîtres. Aussi devant
l'une d'elles, il jubile : « Regarder l'équilibre des encrages, la disposition des cases, le trait...». Pas de doute, pour lui, la BD, avec le cinéma, est l'art du XXe siècle, un art
« populaire » qui a ses stars. « Parmi les grands auteurs : Bilal, Rosinski, Bourgeon... Actuellement un Français, Labiano, imprime sa marque. » Et les Mangas (dessins japonais à
la mode)? « Du prêt à consommer. L'identité, l'égo du dessinateur n'apparaissent pas dans les dessins qui doivent, pour plaire, respecter des critères précis».
Jean-Jacques Billing et André Weiss, président et vice-président de « BDvice » échangent des idées, des tuyaux et du matériel.
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